"Skepticism against speech recognition disappeared as snow in the sunshine..." Eric Van Hauwermeiren, Lawyer.

Témoignage

Eric Battistoni, Juge, TRIBUNAL DU TRAVAIL DE VERVIERS

Rue du Marais 14, 1000 BRUXELLES, Belgique
+3287323808
eric.battistoni@belgacom.net

Monsieur,             

Vous avez souhaité un témoignage à propos de ma pratique de la reconnaissance vocale. Avec plaisir, j'y réponds. Cette réponse utilise la dictée automatique grâce au logiciel DRAGON - Version 8.
Environ 90 % des jugements et la totalité de mon courrier sont actuellement écrits en reconnaissance vocale. Cet instrument de travail m’est donc devenu un logiciel tout aussi indispensable que le traitement de texte !
Dès lors, mon témoignage sera positif à l’égard de cette technologie.

Certes, la mise en route fut laborieuse et j’en explique les raisons, tout d’abord.
Les trois plus grandes difficultés qu'il m'a fallu surmonter, furent :

  • l'apprentissage. Il se heurte à des difficultés techniques auxquelles je n'étais pas accoutumé, malgré l'utilisation habituelle d'un traitement de texte informatique ou malgré l'habitude de la dictée verbale. Le niveau de performance du dictaphone ne fut retrouvé et dépassé qu’après une période de six ou sept mois. Pour partie, ce délai est le temps nécessaire à la maîtrise des commandes du logiciel ; il correspond aussi au délai d’adaptation des fichiers utilisateurs. Cette durée est irritante, lorsqu'on a connu antérieurement un meilleur rythme de croisière.
  • la réorganisation de mon mode habituel de travail. Il m'a fallu modifier mes commandes de dictée et modifier la manière de structurer le texte des jugements. Il m'a fallu aussi modifier les formulaires-types car ils étaient adaptés pour le publipostage, mais non pour être complétés en reconnaissance vocale.
  • l'absence d'un support technique. Je suis convaincu qu'il serait possible d’encore mieux utiliser le logiciel, si un greffier-informaticien m'aidait à surmonter les problèmes techniques. À défaut, je suis parfois contraint de relancer l'ordinateur en plein milieu d'une journée de travail, sans même savoir pourquoi : avais-je fait une fausse commande ? un virus s'est-il introduit dans l'ordinateur ? le logiciel s'est-il « planté » ?

En revanche, j’ai trouvé des avantages corrélatifs, nettement plus importants que les inconvénients ci-dessus.

Tout d’abord, je ne suis plus dépendant de la bonne ou de la mauvaise volonté des employés dactylographes. Les relations personnelles se sont détendues depuis la fin des projets de jugement, qui étaient manuscrits ou dictés.
La collaboration est meilleure : les greffiers m’offrent spontanément un appui logistique (aides aux recherches de  jurisprudence, classement de la documentation, tenue de tableaux de bord de gestion, constitution du formulaire de jugements, ...) durant le temps économisé en dactylographie.

Ensuite, j’ai cessé d’être un « coupable de perfectionnisme » lorsque je rectifie un texte de jugement à plusieurs reprises successives, dans le souci d’une meilleure lisibilité ou intelligibilité.
Une présentation optimale est maintenant plus aisée à réussir.

Enfin, je puis mieux planifier le travail compte tenu des gains de temps réalisés : le retard dans le prononcé des jugements est devenu exceptionnel.

Parmi d’autres encore, ces avantages déterminent ma volonté de continuer à utiliser la reconnaissance vocale.

Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de mes salutations les meilleures.

 

Eric BATTISTONI